Archive dans octobre 2020

Rencontre des acteurs régionaux autour de « sciences, innovation, société »

Arras, jeudi 13 février 2020 :

Organisée par Ombelliscience à l’Université d’Artois, la rencontre des acteurs régionaux autour de « sciences, innovations, société » a réuni plus d’une centaine de participants

 Attention ! Ceci n’est pas un compte rendu mais quelques réflexions une semaine après la rencontre, quelques impressions fortes, informations et questions importantes et quelques pistes pour notre Comité.

Pour un compte rendu plus complet voir sur le site d’Ombelliscience :

https://www.echosciences-hauts-de-france.fr/articles/rencontre-sciences-innovations-societe-un-foisonnement-d-echanges-d-idees-et-de-projets

Impressions d’ensemble :

    Je craignais une « grand – messe », un défilé de responsables politiques, universitaires, administratifs, aux discours prévisibles : ils étaient présents mais discrets et surtout submergés par plus de 120 participants associatifs, centre sociaux culturels, médiathèques, fablabs, musées (souvent petits), professionnels de la médiation scientifique qui apportaient leur expérience concrète. L’organisation de la journée leur faisait la part belle : tables rondes très ouvertes, speed dating, stands. Les poids lourds des grandes agglomérations ne dominaient pas, la plupart des participants venaient de petites villes, de villages ou de groupements de communes du rural profond, la soif de culture (au sens très large du mot, y compris la culture scientifique) est présente partout, et les initiatives pour y répondre sont nombreuses. Par rapport à l’objectif officiel « comment intégrer les sciences et techniques à l’action culturelle ? » et du point de vue de la participation, en quantité et en qualité, cette première est une réussite.

Des précisions, des informations, des questions nouvelles (au moins pour moi) :

  Quelques distinctions utiles : 

La vulgarisation, c’est ce que font des journalistes spécialisés («Science et vie» etc) pour différents niveaux de lecteurs (enfants, ados, adultes éclairés etc), ce que font aussi certains universitaires, beaucoup moins qu’en Grande Bretagne où cela semble normal pour un prof de fac. Ce n’est pas une tâche facile : il faut à la fois être au top dans sa discipline et compren-dre les enjeux sociaux de la recherche. car souvent la demande du public est : « pouvez vous nous expliquer simplement pourquoi c’est compliqué ? ». Du fait de la spécialisation de plus en plus fine des scientifiques un besoin nouveau est apparu  : la vulgarisation devient indispensable entre scientifiques, même entre disciplines voisines.

La valorisation, c’est donner de la valeur, financière ou autre, immédiate ou différée, aux produits de la recherche : publications dans des revues, dépôts de brevets, édition, partenariats avec des entreprises, des instituts (exemple : plateaux expérimentaux), numérisations, décisives pour les trésors qui dorment (U. d’Artois archives des Ecoles normales, CNAM outils anciens).

La médiation correspond à des métiers (bibliothécaire, conservateur, animateur culturel, guides, etc) mais elle concerne maintenant tous les échanges entre sciences et société(s). Cela ne passe pas toujours par une démarche scientifique : cela peut passer par des voies imprévues, des détours artistiques, ludiques ou manipulatoires : à St Omer une docteur en assyriologie a fait pétrir l’argile aux enfants qui ont découvert les tablettes et l’écriture cunéiforme. A Calais, au musée de la dentelle, pour préparer la semaine des maths la responsable a surmonté son impression de « n’être pas légitime » : à partir des cartons Jacquard et avec l’aide des profs du Lycée Professionnel, les jeunes ont abordé le binaire, le numérique en classant les cartons.. Des musées, même modestes, de tous types (arts, traditions populaires, archéologie, techniques et industriels, etc..) prévoient une approche scientifique, avec des médiateurs spécialisés.      

                                                      

   Une question très ouverte : comment justifier socialement les dépenses consacrées à la recherche fondamentale, le choix des terrains et des priorités ?

Dit de façon plus directe : l’assyriologie (l’étude historique de l’Assyrie, l’actuel Iraq, du 18° siècle au 6° siècle avant JC), c’est utile ou futile ? Les universitaires doivent justifier les choix de ce qu’ils cherchent ou enseignent. Mais la justification par le « plaisir de comprendre » suffit elle ?

Deux pistes de réponse :

que nous montre l’histoire des sciences ? le remplacement de la bougie par l’ampoule électrique à la fin du XIX° siècle n’a été possible que grâce aux recherches « inutiles » et même « futiles » (cf les expériences de « magie » dans les salons) démarrées un siècle plus tôt (Franklin, Volta, Cavendish, Faraday..). Des recherches fondamentales aujourd’hui, apparemment « gratuites », peuvent s’avérer très utiles par la suite (cf physique moléculaire et technique des matériaux).

.- quelle démarche susciter ? pas seulement dans le public captif des scolaires, et pas seulement si l’on a un haut niveau scientifique : provoquer l’étonnement, la curiosité, le questionnement, ne pas se limiter au langage mathématique, utiliser le langage commun, les images, vidéos et surtout oser dire « je ne sais pas « , « je ne comprends pas« , travailler sur les méthodes (observation, hypothèses, procédures, mesures, confrontations, vérifications etc;;), distinguer le « pourquoi ? » et le « pour quoi ?« … On peut ainsi espérer trouver le plaisir de chercher, d’avancer, et même de comprendre.

Des ouvertures, des pistes pour le Comité laïque du Nord :

   Pas abordées dans les ateliers où j’étais : les sciences de l’homme et de la société, grandes absentes des efforts de vulgarisation, valorisation, médiation. Leurs frontières avec les sciences de la matière et de la vie sont de plus en plus conflictuelles (cf les neurosciences dans les sciences de l’éducation) ou poreuses (cf biologie génétique et anthropologie..), dans tous les cas des vues transversales sont nécessaires.

  Sciences, techniques et société(s) : l’image des sciences et techniques dans les opinions publiques, la réception des sciences par les entreprises, la société, les pouvoirs publics, les ignorances réciproques entre scientifiques et grand public… autant de thèmes à aborder pour promouvoir les démarches rationnelles dans tous les domaines. Reste à discuter des démarches possibles : partir des savoirs ? partir des questions de la société ?

                                                                                                                                              J.D. le 21.2.2020

compte rendu du CA du CLN du 19 octobre 2020

Etaient présents à la MRES de 18 à 20h. Daniel Dubois (président, Libre Pensée), Pascale Rougée (URMN), Jean-Pierre Delcambre (trésorier, Autonome de solidarité), Jacques Descamps (secrétaire, Sgen-CFDT). Excusés : Pierre Debosque (FUAJ), Pierre Baracca et Jacques Deloffre (Laïcité et Féminisme).

1/ Adhésions et finances :

Cotisations récentes des Mariannes du Nord, de la FCPE, du CREA. A relancer : Francas, Sgen-CFDT, Ceméa.

Sur le compte bancaire au 30.9.20 : 587,30 €

Dépenses régulières à prévoir en 2021 (hors manifestations comme la Fête de la science, le 9 mars etc) : 

Adhésion à a MRES : 90 € + utilisation des salles 50 € soit au total   140 € (inscription en cours par DD et JD)

Abonnement internet (gestion, hébergeur et nom de domaine) :      54,64 €

Assurance responsabilité civile :                                                environ 100 €                                                                          

                                                         Soit un total de dépenses d’environ 300 €

Recettes habituelles par les cotisations :                          environ 300 €

   Pour prévoir des manifestations coûteuses (frais de déplacement, hébergement, expos etc) il nous faut donc augmenter le nombre d’adhérents (associations et particuliers) et demander des subventions aux institutions, cela semble possible par le Conseil départemental. Rappel : nous n’avons aucune subvention, sauf certaines années pour la Fête de la science (Ministère + Région). En 2020 pas de subvention pour des raisons de calendrier et de procédure. Relance des anciens adhérents et prospection de nouveaux dès novembre décembre pour 2021.

2/ informations sur la situation à la FAL de Roubaix : informations récentes de P. Rougée et D. Dubois (présents à la dernière AG de la FAL) et de J. Descamps (échange téléphonique ce jour avec Michèle Talfer, Union rationaliste métropole Nord URMN). Conflit ancien au sein de la Fédération des associations laïques de Roubaix (ex Fédération des Amicales laïques) autour des références à la laïcité et à l’Ecole publique. Clivages idéologiques, enjeux de pouvoir, enjeux municipaux aussi (5 salariés payés par la mairie). Le Comité laïque du Nord (non adhérent à la FAL) n’est pas directement impliqué mais s’inquiète de cette évolution de la FAL.

3/ suites de l’assassinat de Samuel Paty : l’Union rationaliste métropole Nord (URMN) a lancé un appel après l’assassinat de Samuel Paty. Le CA du CLN, dans l’impossibilité de modifier ce texte, a décidé de ne pas s’y joindre, même si le CLN partage les principes qui y sont affirmés. Chacun peut rejoindre l’appel de l’URMN à titre individuel. Le CLN publiera le 20.10.20 un communiqué de presse : voir le site CLN : www.comitelaique59.org.

4/ bilans de la Fête de la Science 2020 :

La journée du 5 octobre, très chargée, a été réussie : montage de l’expo, interventions de H. Soubelet dans les lycées J. Perrin Lambersart et Faidherbe Lille, de R. Thyot et H. Soubelet à la conférence débat à la MRES : 48 personnes espacées et masquées mais très intéressées, malgré le débat trop court et l’absence de pot final, qui permet habituellement de prolonger les discussions. Les diaporamas ont été appréciés. La captation vidéo et son, grâce au lycée J. Rostand à Roubaix permettra de diffuser ces interventions. Et Radio Campus nous (D.Dubois, R .Thyot et J.Descamps) a accordé ¾ d’heures le 7.10 au matin. Seule déception : l’exposition « Tout est vivant, tout est lié » n’a pas été vue par la plupart des participants, du fait de son emplacement et du déroule-ment très minuté, coronavirus oblige. Une expo qui n’est visible qu’au moment de la conférence est peu utile.

Le CA a décidé de prolonger sa réflexion en 2021 sur les enjeux sociaux, économiques, éducatifs et politiques de l’évolution de la biodiversité (et/ou des climats ?). Dans un premier temps nous allons alimenter le site du CLN sur ces questions autour de la biodiversité et demander aux participants du 5 octobre leurs réactions, questions et propositions de prolongements éventuels.

5/ première approche du thème « éducation à la maison ou éducation à l’école ? » à partir du projet de loi sur toutes les formes de « séparatisme ». L’actualité de ce thème est renforcée par le débat autour de l’Education morale et civique (cf les contestations de cet enseignement par certains parents). L’Ecole en France a un rôle éducatif réaffirmé, donc les tensions avec les parents sont possibles. Dossier disponible, à nous réclamer.

PROCHAINE REUNION DU CA DU CLN, ouverte à tous les adhérents :

LUNDI 7 DECEMBRE à la MRES, 18 h 20 h date à confirmer

                                                                                              Prise de notes JD

compte rendu du CA du CLN du 10 septembre 2020

Etaient présents D. Dubois, P. Rougée, JP. Delcambre, J. Descamps, excusés P. Baracca et P. Debosque

1/ Enregistrement des changements des statuts du CLN à la sous pref de Douai : DD remplit le dossier, fournit les pièces nécessaires, signatures le 14.9 par le président et le secrétaire, et JPD l’apporte à la sous pref.

2/ Infos URMN : à la FAL Roubaix (changement des statuts)  AG le 19.9 décisive pour l’orientation de la FAL. La position laïque de l’URMN y semble minoritaire.

Hommage à Armelle le vendredi 25.9 à 17 h à la FAL                                                                                                                    Report de l’anniversaire des 10 ans de l’URMN au 17 avril 2021

3/ adhésion du CLN à la MRES : décision confirmée pour 2021 : adhésion 90 € + mise à dispo de salles de réunion : 50 €, total 140 €/an. Rappel : la location de la selle de l’AJ revient à 120 € par séance.

4/ fichier : pour le Créa M.Ricquebourg (décédé) est remplacé par JC. Sellier

5/ prépa Fête de la Science :

  • Modification des formats pur la pub papier et numérique : le flyer apparaîtra en JPEG, et dans le corps du message. Incertitude sur le repiquage de l’affiche A3 envoyée par Ombelliscience.
  • Du fait de l’absence de subvention cette année, fixation d’un plafond pour les tirages papier à 250 €, les frais de cette manifestation risquent d’épuiser nos ressources actuelles (700 €). D’où l’urgence d’une relance des retardataires pour la cotisation 2020
  • Confirmation des interventions d’Hélène Soubelet le 5.10 au lycée de Lambersart (14 h) et au lycée Faidherbe (16 h)
  • Confirmation de proposer aux centres sociaux l’expo Y. Arthus-Bertrand aux centres sociaux (les lycées et collèges l’ont tous reçue). Priorités : La Busette et Fbg Béthune
  • Décision d’une réunion pour voir la salle de conférence (contacter Canopé) t partager la pub papier à diffuser (flyer, brochure, affiches) lundi 14.9 15 h.

Compte rendu à corriger, compléter par les présents.

Beaucoup d’information et projets sont repris dans le tableau joint à ce CR, faisant le point sur la préparation au 16.9.20

                                                                                                                      Notes JD

Biodiversité : pour aller plus loin, une bibliographie et une webographie très incomplètes

sans oublier votre encyclopédie internet collaborative habituelle

Présentations, biblio, webographies générales :

Muséum national d’Histoire naturelle : http://edu.mnhn.fr/course/view.php?id=47&section=9

IPBES https://ipbes.net/news/Media-Release-Global-Assessment.  .

Ritimo     https://www.ritimo.org/Biodiversite-comment-inverser-la-tendance : biblio très variée, juin 2020 (sciences, grand public, pédago, etc)

Ministère https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/          l’Office français de la biodiversité  www.ofb.gouv.fr

Fondation pour la recherche sur la biodiversité : www.fondationbiodiversite.fr  et parmi ses membres : Mnhn www.mnhn.fr  Cirad www.cirad.fr  Ird www.ird.fr    Inrae www.inrae.fr  Université de Montpellier www.umontpellier.fr

Humanité et biodiversité : www.humanite-biodiversite.frnotamment le livre blanc de 14 associations : « pour que vive la nature, le guide pour agir ».

Pour les jeunes et largement au-delà !

Les ouvrages d’H. Soubelet (ed. Rustica), le dernier : Sauvons les espèces menacées.

Vivre dans et avec l’environnement  Gaille Marie, Mary Donatien – Paris : Gallimard Jeunesse, 2015, 67 P                                                                           

Et les deux revues incontournables : La Hulotte et la Salamandre. 

Sur les espèces, la taxonomie, etc

Les espèces : https://fr.wikipedia.org/wiki/Esp%C3%A8ce#cite_note-56

La taxonomie : https://theconversation.com/la-taxonomie-cette-discipline-essentielle-a-la-comprehension-des-pathogenes-139685?

Pour voir plus large :

Atlas de l’anthropocène (le premier !) sur les différentes aspects de la crise écologique : climat, biodiversité, démographie, mobilisations… 2020 Presses de Sciences Po, 25 €.

Le pouvoir de la biodiversité : Néolibéralisation de la nature dans les pays émergents Sous la direction de Frédéric Thomas et Valérie Boisvert IRD Éditions/Quae – Collection : Objectifs Suds – 2015

Faune sauvage, biodiversité et santé, quels défis ? Serge Morand, François Moutou, Céline Richomme (coordination éditoriale) Editions QUAE Collection : Enjeux sciences , juillet 2014

Penser l’anthropocène (dir. C.Larrère et R.Beau), Presses de Sciences Po 2018, 29 €

Les travaux de l’IDDRI transdisciplinaires, très riches, avec des approches sociales et politiques : https://www.iddri.org/fr/publications-et-evenements  notamment : Santés et biodiversité : One health  notion lancée par l’OMS et la FAO  regroupant les santés de l’environnement, des végétaux, des animaux et des hommes. Climats et biodiversité  : comment prévenir une perte massive de biodiversité ?                        

 Voir aussi à  l’IRD la rubrique SEE : https://www.mivegec.ird.fr/fr/equipes/

Histoire, biodiversité, nature(s) et culture(s) :

Rachel Carson : Printemps silencieux : dans les années 60 la lutte contre le DDT aux Etats Unis et la naissance du mouvement écologique, 1962,  réédition 2020, 323 p. ed. Wildproject  14 €

Philippe Descola : Par – delà nature et culture 2005 rééd. 2016 et 2 articles de P. Descola en 2020  :

https://lejournal.cnrs.fr/articles/philippe-descola-il-faut-repenser-les-rapports-entre-humains-et-non-humains.
https://reporterre.net/Philippe-Descola-La-nature-ca-n-existe-pas .

Sans oublier les effondrements, la collapsologie :

dans Sciences humaines 2 articles                                                                                                                                                        en 2017 une critique des visions catastrophistes, surtout anglo-saxonnes : https://www.scienceshumaines.com/understanding-collapse_fr_38814.html

en 2019 une analyse des livres de « résilience » de l’équipe autour de Pablo Servigne : https://www.scienceshumaines.com/une-autre-fin-du-monde-est-possible_fr_40972.html

et le dernier ouvrage de Catherine et Raphael Larrère : Le Pire n’est pas certain. Essai sur l’aveuglement catastrophiste Premier Parallèle 208 p. 18€.

Liste établie au 4 octobre 2020,  JD

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Un combat toujours nécessaire

Le Comité laïque du Nord partage la douleur, l’indignation et la colère qui se sont exprimées suite à l’assassinat de Samuel Paty par un terroriste islamiste. Réuni le 19 octobre 2020 son conseil d’administration rappelle que la laïcité est non seulement un fondement de notre organisation éducative et politique, une garantie des libertés individuelles et collectives (dont la liberté d’expression), mais aussi le cadre politique visant à assurer la cohésion nationale face aux replis identitaires et communautaristes et un effort pour l’émancipation de chacun et chacune contre tous les obscurantismes. La liberté d’expression de tous et toutes (y compris la critique des religions) et le rôle éducatif de l’Ecole (y compris sur des sujets sensibles) ne sont jamais des acquis définitifs, leur défense quotidienne est l‘affaire de tous, et pas seulement celle des enseignants, qui doivent être soutenus par l’ensemble de la Nation. Ce crime renforce la volonté du Comité laïque du Nord d’agir pour fortifier ce qui nous unit, ce qui est commun à toutes les femmes et tous les hommes, les droits humains et les démarches rationnelles.

Fête de la science 5 octobre 2020

La biodiversité et nous :

derniers épisodes jusqu’au 5 octobre 2020

En février 2020, pour aborder le thème de la Fête de la Science 2020 « planète Nature », le Comité laïque du Nord a fait le pari d’aborder la biodiversité à travers l’état des connaissances scientifiques, mais aussi à travers les récits d’effondrements depuis l’Antiquité, qui ont marqué et marquent encore nos imaginaires. Deux façons de comprendre les rapports complexes entre les scientifiques et le reste de la société et d’éclairer des enjeux éthiques, sociaux, économiques, politiques, enjeux confirmés brutalement par la pandémie.  

.   Depuis février 2020, malgré les incertitudes de la situation sanitaire, l’équipe du Comité laïque du Nord, a assuré les recherches et contacts préparatoires en France et en Belgique, la recherche de documentation de vulgarisation (merci à l’Office français de la biodiversité à Compiègne pour l’envoi des brochures), la communication et l’organisation matérielle de la journée (location de la salle, inscriptions, montage de l’exposition, préparation de la salle, accueil…).

La pandémie nous a poussé à prévoir des modalités plus numériques : grâce au lycée J. Rostand à Roubaix, à l’entremise de M. Desfassiaux (CDI) et à la disponibilité de Y. Sahli, J. da Silva et G. Froidure (professeur et étudiants en BTS audiovisuel) qui ont assuré bénévolement la captation image – son et réaliseront le montage vidéo avec les documents des deux conférenciers.

Pour élargir l’audience ce ces travaux nous avons contacté les lycées J. Perrin à Lambersart et Faidherbe à Lille qui ont répondu positivement : C. Moreels et S. Henocq, professeures de SVT, ont fait des miracles pour organiser les rencontres avec plusieurs classes, et un grand merci à Hélène Soubelet d’avoir accepté ces deux interventions supplémentaires le même après-midi. Et enfin Lebiglemoi (Fives), malgré les délais très courts, a réussi préparer une table de libraire

Véganisme, collapsologie, survivalisme…                                           rumeurs, croyances et sciences :

    Comment développer des approches rationnelles de la biodiversité au temps des pandémies ?

La présentation de la conférence – débat :

Aujourd’hui nos sociétés sont appelées à repenser leurs rapports à la nature, c’est à dire les liens entre l’espèce humaine, les autres espèces et plus largement les environnements « naturels ». « Sauver la biodiversité » est devenu un slogan utilisé à tout propos. Mais la notion de biodiversité, souvent présente dans les débats, les médias, reste très floue dans l’esprit de beaucoup.   Elle donne lieu à des rumeurs et à des convictions fortes (véganisme, refus des vaccins..). Nos modes de vie peuvent ils la menacer ? la détruire ? La réduction de la biodiversité annonce-t-elle une augmentation des risques naturels ? la fin d’un monde ? la fin du monde ?

    Derrière ces questions se profilent de vieilles interrogations sur l’origine de l’espèce humaine, sur sa place et son rôle dans le monde du vivant, sur le caractère sacré (ou non) de la nature et de son équilibre. Au-delà des cosmologies anciennes et actuelles, en ces temps d’inquiétudes, de désarrois liés aux pandémies, aborder ces questions de façon scientifique est indispensable notamment pour éclairer les débats démocratiques et orienter les nécessaires transformations économiques et sociales. Régis Thyot et Hélène Soubelet aborderont ces questions sous deux angles différents :  les discours sur l’effondrement et l’état des connaissances scientifiques.

  Hélène Soubelet, docteur vétérinaire, diplômée d’études approfondies en pathologie végétale, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, a participé aux ouvrages « Pesticides » et « Les sols » (éd. Quae) Elle a rédigé à destination des jeunes et du grand public « Sauvons la diversité », « Défis biodiversité » et « Sauvons les espèces menacées » (éd. Rustica).

La Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) créée en 2008 à la suite du Grenelle de l’environnement à l’initiative des ministères de la Recherche et de l’Environnement regroupe huit organismes de recherche (CNRS, BRGM,  CIRAD, IFREMER, INERIS, INRAE, IRD, MNHN), une entreprise (LVMH) et une université (Montpellier) .  Elle anime le comité national pour l’IPBES.   www.fondationbiodiversite.fr

             

La conférence-débat du lundi 5 octobre a réuni 48 participants (seulement 11 absents, certains excusés, merci à eux !). Les deux exposés très denses de Régis Thyot et Hélène Soubelet étaient soutenus par des diaporamas efficaces. Un débat a été trop court, beaucoup d’entre nous sont probablement repartis avec des questions, de quoi stimuler notre curiosité scientifique à venir !

48 participants espacés, mais attentifs à la MRES le 5 octobre 2020 de 18 h à 20 h.
Le 5.10 à la MRES la table du libraire Lebiglemoi (place Degeyter à Fives)

Biodiversité : pour aller plus loin

Liste très incomplète, n’oubliez pas l’encyclopédie internet collaborative !

présentations, biblio et webographies générales :                   

Muséum national d’Histoire naturelle :

http://edu.mnhn.fr/course/view.php?id=47&section=9

IPBES

https://ipbes.net/news/Media-Release-Global-Assessment.  .

Ritimo

https://www.ritimo.org/Biodiversite-comment-inverser-la-tendance    biblio très variée, juin 2020 (sciences, grand public, pédago, etc)

Ministère :

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/

et l’Office français de la biodiversité : 

www.ofb.gouv.fr plusieurs brochures grand public très riches

Fondation pour la recherche sur la biodiversité :  

 www.fondationbiodiversite.fr et parmi ses membres :  Mnhn www.mnhn.fr  Cirad www.cirad.fr Ird www.ird.fr   Inrae www.inrae.fr  Université de Montpellier www.umontpellier.fr

Humanité et biodiversité :

www.humanite-biodiversite.fr notamment le livre blanc de 14 associations : « pour que vive la nature, le guide pour agir ».

pour les jeunes et largement au-delà !     

Les ouvrages d’H. Soubelet (ed. Rustica), le dernier : Sauvons les espèces menacées

Et les deux revues incontournables : La Hulotte et la Salamandre.

sur les espèces, la taxonomie, etc

Les espèces : https://fr.wikipedia.org/wiki/Esp%C3%A8ce#cite_note-56

La taxonomie : https://theconversation.com/la-taxonomie-cette-discipline-essentielle-a-la-comprehension-des-pathogenes-139685?

pour voir plus large :

le premier (!) Atlas de l’anthropocène : sur les différents aspects de la crise écologique (climat, biodiversité, démographie, mobilisations…) 2020 P.de Sciences Po, 25 €.

Penser l’anthropocène (dir. C.Larrère et R.Beau), Presses de Sciences Po 2018, 29 €

Les travaux de l’IDDRI transdisciplinaires, très riches, avec des approches sociales et politiques : https://www.iddri.org/fr/publications-et-evenements  notamment :   Santés et biodiversité : One health  notion lancée par l’OMS et la FAO  regroupant  les santés de l’environnement, des végétaux, des animaux et des hommes. Climats et biodiversité : comment prévenir une perte massive de biodiversité ?     

 Voir aussi à  l’IRD la rubrique SEE : https://www.mivegec.ird.fr/fr/equipes/

Histoire, biodiversité, nature(s) et culture(s) :

Rachel Carson : Printemps silencieux : dans les années 60 contre le DDT la naissance du mouvement écologique, 1962,  réédition 2020, 323 p. ed. Wildproject  14 €

Philippe Descola : Par-delà nature et culture 2005 rééd. 2016 + 2 articles en 2020  :

https://lejournal.cnrs.fr/articles/philippe-descola-il-faut-repenser-les-rapports-entre-humains-et-non-humains

https://lejournal.cnrs.fr/articles/philippe-descola-il-faut-repenser-les-rapports-entre-humains-et-non-humains

sans oublier la collapsologie :         

dans Sciences humaines 2 articles :                                                               

en 2017 une critique des visions catastrophistes, surtout anglo-saxonnes                              

https://www.scienceshumaines.com/understanding-collapse_fr_38814.html

en 2019 une analyse des livres de « résilience » de l’équipe autour de Pablo Servigne :

https://www.scienceshumaines.com/une-autre-fin-du-monde-est-possible_fr_40972.html

                                                                                

Quelques réactions et réflexions

très personnelles, à compléter, corriger par celles d’autres participants :

Progrès ou pas ?  Depuis le néolithique il y a 10000 ans nous mangeons mieux, nous nous soignons mieux, nous vivons plus longtemps et mieux, mais ces progrès dans l’agriculture, l’élevage, l’habitat, les transports, le commerce, ont un coût : ils ont fait apparaître des risques nouveaux. Un exemple : le virus de la variole, actif dans des espèces animales, s’est répandu chez les humains du fait des progrès de l’élevage bovin, notamment en Europe depuis le 18° siècle.

Les risques perçus sont-ils les risques réels ? Régis Thyot a souligné les différences de perception des risques et les attitudes qui s’en suivent, perceptions et attitudes qui n’ont rien de rationnel (comparaison des morts en France par les accidents routiers et par les attentats). L’échéance plus ou moins lointaine et la visibilité, la brutalité des effets modifient aussi notre perception et nos craintes (par exemple nos perceptions du dérèglement climatique et de la réduction du nombre d’espèces).

Combien d’espèces vivantes ? on en connait une toute petite partie : environ 2 millions sont connues, mais il pourrait y en exister jusqu’à un milliard, surtout des insectes (dont 1,2 million d’espèces seulement sont connues), des vers, des bactéries, des champignons, sans compter les virus, à la limite du monde vivant.

Quelle extinction d’espèces ? celle en cours n’est pas la première, il y en a déjà eu cinq depuis 500 millions d’années, et à chaque fois des espèces se sont adaptées, d’autres sont apparues. Mais l’extinction en cours est inquiétante par sa rapidité ; il y a 60 millions d’années les dinosaures ont mis des dizaines de milliers d’années pour disparaître, l’extinction actuelle se réalise en 1 ou 2 siècles : face au dérèglement climatique, aux pollutions, à la destruction de milieux naturels, à la surexploitation d’espèces animales et végétales, face à ces menaces de plus en plus rapides, les espèces menacées n’ont pas le temps de s’adapter. 

Et notre espèce à nous, est-elle menacée ? personne n’a posé la question ! peut-être du fait de notre position dominante au sein du vivant ? Cette domination est liée à une utilisation ancienne de la biodiversité, des biens et des services qu’elle nous fournit, une biodiversité que nous avons cessé de modifier et d’exploiter de façon souvent ignorante, inconsciente et dangereuse pour notre avenir. Hélène Soubelet a bien montré que notre mode de vie avait des impacts sur la biodiversité, mais les petits gestes quotidiens suffisent ils ? les choix éclairés des consommateurs feront ils changer rapidement les producteurs, notamment les multinationales ? comment les pouvoirs publics, à tous les niveaux, peuvent ils encadrer, réglementer, limiter les « lois » du marché ? la dimension personnelle, comportementale, quotidienne est importante mais les actions collectives, associatives, politiques le sont tout autant : autant de questions pour de prochains débats.

Le 9.10.2020, Jacques Descamps

  

                                                                          

https://reporterre.net/Philippe-Descola-La-nature-ca-n-existe-pas