La laïcité, c’est par où ?

demandait Charlie Hebdo en 2015

En 2019, plus que jamais, la confusion règne sur la laïcité : elle est brandie par certains comme un étendard identitaire et xénophobe, pour d’autres elle se résume à la simple tolérance, pour certains c’est une vieillerie dépassée, par d’autres elle se retrouve affublée de qualificatifs variés.. En même temps la laïcité fait l’unanimité dans les sondages, les discours, elle semble consensuelle, mais la notion reste très brouillée.

Qu’est ce que nous mettons derrière le mot ?

Pour le Comité laïque du Nord 1905-2005, créé pour célébrer « le centenaire de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État qui institutionnalise la Laïcité en France (..) et plus largement la promouvoir, la défendre et la développer  » (statuts du CLN, art.1, 2) la laïcité n’est pas une alternative aux religions et aux convictions, ce n’est pas une valeur (comme les trois valeurs de la République),

La laïcité, c’est tout à la fois :

un fondement, un principe de notre organisation politique depuis les lois scolaires de 1881, la loi de séparation de 1905 et les Constitutions de 1946 et 1958,

une garantie des libertés individuelles et collectives libertés de croire, de ne pas croire, de pratiquer un culte ou non, de changer de convictions, et de ne pas en avoir,

une méthode pour mieux vivre ensemble sans exclusions ni ségrégations, face aux replis identitaires et communautaristes, dans une société réunissant des personnes aux convictions, cultures, orientations, origines et appartenances diverses et variables.

un effort pour l’émancipation de chacun et de chacune contre tous les préjugés, stéréotypes et obscurantismes, contretoutes les superstitions, aliénations et dominations.

Comme toutes les conquêtes, la laïcité n’est pas donnée une fois pour toutes. C’est, plus que jamais, au delà de notre diversité, un combat pour renforcer ce qui nous unit, ce qui est commun à tous les hommes et à toutes les femmes :

les droits humains : déclarations des droits de l’Homme (1789, 1948), convention des droits des enfants (C.I.D.E.), ratifiée par la France en 1990,

la démarche rationnelle (et pas seulement dans les sciences « dures »), ce qui explique notre participation régulière à la Fête de la Science en octobre.